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Voici le cerveau de votre enfant en été

By on 06-12-2019

Les neurosciences prouvent ce que tous les parents savent déjà : les enfants doivent passer du temps à l'extérieur et hors ligne

La plupart des gens ont de bons souvenirs des étés de leur enfance. Ceci s'explique notamment par la nature sélective de la mémoire humaine : notre cerveau est conçu pour retenir le bon plutôt que le mauvais et nous nous souvenons plus facilement des choses qui brisent la routine du travail ou de l'école. Par ailleurs, l’été, aujourd'hui comme hier, est l'occasion de s’amuser et de se détendre.

Ironie du sort, l’été est aussi un moment où l'on peut s’ennuyer. Récemment, la presse a d'ailleurs largement évoqué l'aspect positif de l'ennui. Pourquoi maintenant ? Et que cela a-t-il à voir avec l'été ? Le problème, c'est que les enfants et les adolescents utilisent des appareils technologiques pour combler le vide créé par l'ennui au lieu d'utiliser leur imagination. C'est le cas toute l'année, mais l'été implique une quantité supplémentaire de temps libre, ce qui signifie bien trop souvent une quantité supplémentaire de temps d'écran.

Les neuroscientifiques qui insistent sur l’importance de l’imagination dans le développement cérébral sont clairs : les enfants doivent jouer à des jeux imaginaires, car cela les aide à préparer leur cerveau et leurs émotions à des événements similaires dans le monde réel, comme un vaccin prépare le corps contre une vraie maladie.

Le cerveau sait reconnaître une situation difficile lorsqu'il a déjà trouvé comment la résoudre auparavant. Il est intéressant de constater que de nombreuses équipes sportives utilisent l'imagination ou la visualisation pour s’entraîner en vue de véritables matchs. Empêcher un enfant de développer son imagination, c'est non seulement le désavantager par rapport à des enfants qui la travaillent, mais c'est également risquer de le confronter à de graves problèmes émotionnels comme ceux que je vois quotidiennement dans mon cabinet, qui vont du trouble déficitaire de l'attention à la dépression et à l'anxiété.

Ce bonheur prédispose le cerveau à la créativité, à l'apprentissage et à la mémoire. Et si nous ajoutons que le fait de jouer dehors est associé à des règles moins importantes, voire définies par les enfants eux-mêmes, l'été devient un terrain fertile pour le développement de l'imagination, de la créativité, de la persévérance et des efforts.

Une étude importante menée par Edelman Intelligence conclut que "la saleté est bonne". Jouer dehors est certainement mieux que de le faire entre quatre murs. Selon les chercheurs, "les enfants ont besoin d'une grande variété d'expériences pour développer leur plein potentiel, et les parents comprennent que jouer et se salir est essentiel pour leur croissance et qu'il n'y a pas d'apprentissage holistique sans jeu".

Malheureusement, une étude britannique récente a révélé que les prisonniers passaient presque deux fois plus de temps que les enfants à l'extérieur. Selon cette enquête, 74 % des enfants y passent moins d'une heure par jour. Ils sont donc la majeure partie de leur journée dans des espaces clos. Voilà une mauvaise nouvelle pour les êtres humains, une espèce que l'évolution a permis de vivre dehors.

Mais avons-nous vraiment besoin d'études pour prouver tout cela ? La plupart des parents savent déjà par expérience qu'il est toujours utile de faire sortir les enfants. À la maison, ils attrapent très vite une névrose de solitude et commencent à grimper aux murs ! Il est assez facile de comprendre l'augmentation actuelle des troubles anxieux, du sentiment de tristesse ou de l'agitation.

Je crois que rien ne peut remplacer le temps passé face à nos proches et je suis convaincue que l'été est une excellente occasion de renouer avec ses enfants, de parler et d'écouter, de rire et de s'ennuyer. J'invite les parents à sortir et, au moins, à imposer des limites strictes concernant le temps d'écran cet été. Gardez téléphones et tablettes pour les longs trajets en voiture ou en avion. D'ailleurs, je vous mets au défi d'essayer un mois complet de désintoxication numérique. Cela semble impossible ? N'oubliez pas que la quasi-totalité de l’histoire de l’humanité est une désintoxication numérique, y compris probablement votre enfance, et que vos enfants en méritent au moins un été.

Maria Guerrero Moya
Diplômée d'un master en psychologie générale de la santé et psychologue agréée, Maria Guerrero possède plus de 20 ans d'expérience dans l'aide aux enfants, aux couples et aux familles. Elle est également mère de deux enfants.

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