Ses dernières recherches mettent en lumière les efforts des parents pour établir des garde-fous numériques appropriés, alors que leurs enfants passent plus de temps à explorer les réseaux sociaux, à regarder des vidéos courtes et à utiliser de nouveaux outils d’IA.
Qustodio publie aujourd’hui son rapport annuel de données 2025, Aux prises avec le défilement : être parent à l’ère des algorithmes, des applications et de l’IA, explorant la manière dont les enfants du monde entier appréhendent la technologie et celle dont leurs parents réagissent face à des expériences numériques influencées par des algorithmes qui encouragent la réactivité et l’immersion.
Publiée à l’occasion de la Journée internationale pour un Internet plus sûr, la septième édition du rapport annuel de Qustodio analyse les habitudes numériques des enfants dans un environnement où le regard des autres, la réglementation et les débats sur leur utilisation des réseaux sociaux, des jeux vidéo et des outils alimentés par l’IA occupent une place croissante. S’adressant aux parents, confrontés à des messages contradictoires, qu’il s’agisse des interdictions, des mouvements de « détox numérique » ou de l’immense potentiel de ces outils, Aux prises avec le défilement examine ce qui intéresse le plus les enfants, donnant aussi un aperçu des réactions des parents face à un monde virtuel qui ne cesse d’évoluer.
« La technologie n’est plus passive : elle répond, mène le débat, divertit, sensibilise et, oui, induit parfois en erreur, décrit Teodora Pavkovic, experte en bien-être et parentalité chez Qustodio. Ces résultats indiquent qu’on demande aux parents non seulement de gérer le temps d’écran, mais aussi de se familiariser avec fils d’actualité, algorithmes et outils d’IA, et ce, dans un contexte marqué par une inquiétude croissante et un contrôle accru. Les familles veulent des conseils clairs et pratiques qui les aideront à rester présentes et à encourager un développement sain chez leurs enfants dans un monde plus connecté. »
Les plateformes régies par des algorithmes dominent la vie numérique des enfants malgré les limites de leurs parents
Cette étude complète s’appuie sur les réponses anonymisées de plus de 400 000 familles du monde entier avec des enfants âgés de 4 à 18 ans, offrant une comparaison entre la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Espagne, l’Australie et le Brésil. Qustodio a interrogé 1 361 parents se servant d’outils de contrôle parental et de bien-être numérique dans ces six pays, afin de mieux comprendre leurs préoccupations et leurs réactions face aux propositions de restrictions, aux recommandations et aux changements concernant l’activité en ligne des enfants.
En 2025, les expériences numériques des jeunes ont été façonnées moins qu’auparavant par l’utilisation même d’Internet, mais davantage par des fils d’actualité personnalisés à l’aide d’algorithmes qui leur proposent du contenu en fonction de leurs goûts. Des applications telles que TikTok, Instagram et Roblox constituent un élément central du paysage numérique des enfants, bien qu’elles soient jugées dangereuses par les parents : plus des trois quarts (77 %) d’entre eux considèrent que le contenu disponible sur TikTok présente un risque élevé, tandis que respectivement la moitié (50 %) et un tiers (33 %) estiment qu’il en est de même pour Instagram et Roblox.
En France, les parents sont légèrement divisés sur l’âge minimum approprié pour s’inscrire sur les réseaux sociaux, une petite majorité approuvant celui proposé par le gouvernement (15 ans). Malgré les inquiétudes, les plateformes basées sur des algorithmes captent pourtant encore une part importante du temps et de l’attention des enfants en ligne bien avant cet âge. Comme la moyenne de tous les participants à l’étude de Qustodio, les jeunes français ont passé plus de temps sur les réseaux sociaux que jamais – 62 minutes par jour en 2025, contre 55 minutes en 2024. La durée d’utilisation quotidienne des plateformes telles que TikTok a même augmenté davantage, avec une moyenne de 2 heures et 11 minutes par jour, suivie de celle concernant Instagram, qui a atteint 1 heure et 4 minutes.
« Ce qui a changé en 2025, c’est non seulement le temps passé par les enfants sur les réseaux sociaux, mais aussi la manière dont nous avons pris davantage conscience des méthodes de ces plateformes pour déterminer ce qu’ils voient, ce qu’ils ressentent et même ce qu’ils croient. Les fils d’actualité alimentés par des algorithmes sur TikTok et Instagram, par exemple, ne sont plus qu’une simple source de divertissement : ils influencent l’humeur, l’image de soi et la dynamique sociale d’une façon difficile à observer pour les parents depuis l’extérieur, confirme Pavkovic. Leurs témoignages nous montrent qu’ils essaient de limiter l’accès aux appareils électroniques, non pas parce qu’ils ne font pas confiance à leurs enfants, mais parce qu’ils veulent plus de temps pour les aider à grandir, à mûrir et à gagner en assurance avant de naviguer dans des espaces en ligne intenses, présentant un rythme soutenu et régis par des algorithmes au lieu de nouer des liens sociaux dans la réalité. »
Le recours à l’IA chez les enfants a bondi au cours de l’année
L’année 2025 a été témoin d’une hausse de l’utilisation des outils d’IA tels que ChatGPT, devenus populaires même chez les enfants. Au cours de cette période, près d’un enfant sur trois (30 %) dans le monde entier s’est servi de l’application ChatGPT, contre moins d’un sur dix (9 %) en 2024. Et encore plus d’enfants ont accédé à cet outil d’IA depuis un navigateur, faisant de chatgpt.com l’un des sites Web les plus consultés par les jeunes au niveau international. En France, le constat est similaire : 38 % des jeunes ont fait appel à l’application ChatGPT tout au long de l’année. Cette proportion est plus importante dans d’autres pays, notamment en Espagne (44 %), mais elle a considérablement augmenté en 2025, alors que seuls 12 % des enfants français utilisaient l’application en 2024. Dans l’Hexagone, les jeunes ont passé un peu plus de 10 minutes par jour à l’interroger, la consulter et lui parler sur la période concernée.
D’après leurs parents, les enfants recourent le plus souvent à l’IA pour leur travail scolaire, mais près de la moitié (48 %) affirment qu’ils s’adressent à elle pour obtenir des conseils, tandis qu’un peu moins d’un enfant sur cinq (17 %) se tournent vers elle pour discuter. L’étude note une profonde inquiétude concernant une dépendance excessive à l’IA, la désinformation, la tricherie et le risque de nouer des relations malsaines avec des robots conversationnels.
Bien que les compagnons IA et les autres chatbots personnalisés basés sur cette technologie restent relativement peu populaires – 1 enfant sur 50 s’étant rendu sur la plateforme PolyBuzz en 2025 –, l’attrait de ce type d’application peut être fort, alors que le petit nombre de jeunes adeptes français leur accordent plus d’une heure par jour.
« Chaque enfant et chaque famille est différente, mais il est important que les parents et les tuteurs prêtent attention aux éléments suspects concernant l’utilisation des chatbots et de l’IA par les enfants, conseille Pavkovic. Il faut surveiller certains signes et comportements susceptibles d’indiquer une dépendance excessive ou une relation malsaine à l’IA, notamment si le temps passé par les enfants à interagir avec ces outils augmente ou qu’ils les préfèrent à des moments avec leurs amis et leur famille. Parmi les autres signes suspects, citons le fait pour un enfant de se montrer plus secret sur son utilisation de l’IA, comptant sur des bots pour obtenir un soutien émotionnel, ou celui de commencer à parler de bots avec lesquels il interagit comme de vraies personnes. »
Les jeux sociaux dominent le temps d’écran des enfants, soulevant des inquiétudes sur leur chat intégré
Alors que les enfants français ont en moyenne moins joué sur mobile et ordinateur que les années précédentes, les jeux individuels avec des éléments sociaux tels que Roblox et Fortnite ont dominé ce temps d’écran. En France, les jeunes fans du premier lui ont consacré en moyenne 1 heure et 5 minutes par jour sur mobile ainsi que 2 heures et 3 minutes sur ordinateur.
Les choix des enfants varient selon l’appareil : sur mobile (à l’exception de Roblox), ils ont préféré des titres rapides et faciles à jouer comme Brawl Stars, Block Blast et Magic Tiles ; sur ordinateur, ils ont dédié presque deux fois plus de temps d’écran à des jeux sociaux comme Minecraft, Fortnite, Valorant et – bien sûr – Roblox.
Alors que les jeunes joueurs passent en moyenne 1 heure et 38 minutes par jour sur la version pour ordinateur de ces plateformes, les parents s’inquiètent parfois des personnes avec lesquelles ils pourraient entrer en contact.
« Pour les enfants, les jeux vidéo sont autant un moyen de traîner avec leurs amis que de jouer en ligne, explique Pavkovic. Le chat intégré contribue grandement à la nature sociale de jeux comme Roblox, Minecraft et Fortnite. Si discuter avec d’autres joueurs peut être plaisant, cela risque néanmoins aussi d’amener les jeunes à lire ou entendre des propos grossiers, à être harcelés et même à être contactés par des inconnus. Il y a eu des signalements d’adultes recourant à Roblox et d’autres jeux pour interagir avec des enfants à des fins malveillantes, comme le recrutement, le harcèlement ou le pédopiégeage. Et, bien que de telles interactions soient encore limitées, elles se produisent bien, donc les parents doivent avoir conscience que leurs enfants peuvent être exposés à ces risques. »
Un besoin de conseils
Le rapport conclut que, même si les débats sur l’interdiction des téléphones, les limites d’âge concernant l’accès aux réseaux sociaux et les restrictions de l’IA continuent de faire les gros titres, les parents ont besoin de plus que des règles universelles. Ils souhaitent des conseils en phase avec la manière dont leurs enfants se servent réellement de la technologie, et des solutions qui évoluent aussi vite que les plateformes en cause.
« Les parents n’essaient pas d’arrêter la technologie, explique Viktorija Miliajeva, directrice générale de Qustodio. Ils essaient d’élever leurs enfants dans un monde où la technologie n’est plus passive. Les applications répondent, les algorithmes façonnent l’identité, et l’IA fait désormais partie intégrante des prises de décisions quotidiennes. Ce rapport reflète la réalité de nombreuses familles à travers la France en ce moment : la vie numérique des enfants évolue plus rapidement que les règles et les conseils à son sujet. Des réactions dictées par la peur et des solutions universelles dominent peut-être la conversation, mais elles sont en décalage avec la situation. Chez Qustodio, nous estimons que le progrès passe par l’association de données à des conseils pratiques, et de connaissances à une véritable implication, afin que les parents puissent protéger leurs enfants tout en leur permettant d’apprendre, de communiquer et de grandir. »
Aux prises avec le défilement vise à donner aux familles, aux équipes éducatives et aux décideurs politiques un aperçu et une base, abordant le temps d’écran des enfants et les expériences des parents pour mieux comprendre la situation des premiers à une époque marquée par les algorithmes, du contenu personnalisé et les progrès rapides de l’IA.
Pour consulter le rapport complet (en anglais uniquement), y compris les réflexions de parents, la répartition détaillée des applications utilisées par catégories ainsi que les conseils pratiques de professionnels du bien-être numérique, appuyez sur le bouton ci-dessous.
Si vous êtes un média et que vous souhaitez obtenir des renseignements ou nous poser des questions concernant ce rapport, veuillez nous contacter à l’adresse press@qustodio.com.