Guide de sécurité : Kick est-elle sûre pour les enfants ?

is kick safe for kids

Pour de nombreux ados à travers le monde, le streaming en direct est un moyen de suivre les tendances du moment et les nouveautés liées à leurs centres d’intérêt, leur permettant d’interagir avec leurs créateurs et leurs streameurs préférés en temps réel et sans filtre.

 Or, c’est justement le problème aux yeux d’innombrables parents et tuteurs – aucune mesure de sécurité, aucun moyen de contrôle et aucune idée de ce à quoi leurs enfants pourraient être confrontés.

 Présentée comme une plateforme de streaming en direct axée sur les créateurs, Kick connaît une croissance fulgurante depuis son lancement en 2023, alors que beaucoup de streameurs populaires l’ont rejointe au détriment de Twitch en raison de sa modération moins stricte. Mais ce laxisme n’est qu’un des nombreux facteurs de risques que les parents doivent connaître avant de l’autoriser.

Kick, c’est quoi ?

Semblable à Twitch et à YouTube Live, Kick est une plateforme de streaming en direct : elle permet de diffuser du contenu auprès d’autres utilisateurs en temps réel et d’interagir avec ces spectateurs via un chat et d’autres fonctionnalités pendant leurs streams.

 Pour se démarquer de Twitch, sa principale concurrente, Kick donne la priorité aux créateurs : en plus de leur offrir des rémunérations plus élevées, elle leur garantit une modération moins stricte, les autorisant entre autres à aborder les jeux d’argent – chose interdite sur Twitch et les services similaires.

 Peut-être avez-vous déjà entendu le nom de Kick à l’occasion de plusieurs polémiques très médiatisées : Adin Ross, l’un de ses streameurs les plus populaires, l’a rejointe en 2023 après avoir été banni de Twitch pour son manque de modération des propos haineux tenus dans son chat. Depuis, il y a notamment diffusé du contenu pornographique, fait la promotion de jeux d’argent en ligne et accueilli Nick Fuentes, chroniqueur politique et extrémiste notoire.

 En 2025, un homme est même décédé au cours d’une diffusion, après avoir été victime de violences et d’humiliations aux yeux de tous pendant des mois.

Que peuvent faire les ados sur Kick ?

Les ados âgés d’au moins 13 ans (16 ans dans l’Union européenne et 18 ans au Royaume-Uni) peuvent créer un compte Kick pour regarder des streameurs, diffuser eux-mêmes du contenu en direct et interagir avec tout autre utilisateur. Notons que les moins de 18 ans doivent obtenir l’autorisation de leurs parents avant toute utilisation, même si cette condition semble facile à contourner.

 Les ados peuvent montrer ou regarder à peu près n’importe quoi. La majeure partie du contenu proposé sur Kick relève de « simples discussions » ou concerne les jeux vidéo et les jeux d’argent en ligne, mais certains créateurs font de la cuisine, de la musique, de la peinture, de la musculation et bien plus encore.

 Les ados sont nombreux à se rendre sur Kick pour regarder leurs streameurs préférés, notamment WestCol (4 millions d’abonnés), Adin Ross (2,1 millions) et Davoo Xeneize (1,8 million).

Is Kick livestream safe for teens?

Kick : les risques que les parents doivent connaître

Absence de contrôle parental

 Kick n’intègre actuellement aucun contrôle parental. Il n’y a ni mode enfant ni aucun moyen de désactiver les fonctionnalités de chat et de filtrer le contenu depuis un tableau de bord parental. Tout enfant qui explore les onglets Accueil ou Parcourir est à un clic de tomber sur quelque chose qu’il ne devrait pas voir.

 Malgré la mise en place du système de vérification de l’âge k-ID, les plus jeunes peuvent utiliser cette plateforme : la plupart des streams peuvent être visionnés sans compte, tandis que certains utilisateurs « empruntent » les données d’accès de leurs parents ou partagent un compte avec leurs aînés ou leurs amis.

 Contenu inapproprié

 Kick a bâti son image de marque en se positionnant à l’opposé de Twitch, c’est-à-dire en adoptant fièrement une approche plus laxiste en matière de modération. Bien que ses règles communautaires « interdisent » tout contenu à caractère ouvertement sexuel, violent ou incitant à la haine, ces règles ne sont pas toujours respectées, donc il ne faut pas s’y fier.  

L’influenceur-looksmaxxing Clavicular compte un nombre impressionnant de jeunes abonnés sur Kick, profitant souvent de ses diffusions pour promouvoir des pratiques extrêmes dangereuses visant à « maximiser » son apparence physique, telles que le bonesmashing (broyage d’os) facial, la prise de stéroïdes et la chirurgie esthétique.

 Parmi les nombreux autres types de contenu discutable, la catégorie « Piscines, jacuzzis et bikinis » est l’une des plus populaires, montrant des streameurs vêtus de maillots de bain très révélateurs dans leur jardin ou à la plage.

 Langage injurieux et discours haineux

 Bien que les règles communautaires de Kick « interdisent » les discours haineux, son approche souple en matière de modération limite les effets de cette interdiction. Le contexte jouerait un rôle crucial dans l’évaluation des signalements associés, car « des mots susceptibles d’être [in]acceptables dans certaines situations peuvent avoir un sens totalement différent » dans d’autres, ce qui laisse penser que ce genre de propos peut être autorisé dans certains cas.

Une enquête menée par VoiceBox en 2024 a fourni des exemples de commentaires homophobes, racistes, misogynes ou autrement dévalorisants de la part de certains des streameurs les plus regardés – avec même des références au viol et au suicide.

Promotion des jeux d’argent

Kick est étroitement liée aux jeux d’argent en ligne, l’un de ses sujets les plus populaires, ce qui n’a rien de surprenant quand on sait que cette plateforme a été créée par les fondateurs du site de casino en ligne stake.com – à peine deux mois après que Twitch a commencé à interdire les vidéos à ce sujet, y compris les leurs. D’ailleurs, Kick et Stake partagent le même siège social à Melbourne, en Australie.

En 2025, Kick a mis en place de nouvelles règles visant à restreindre les streams sur les jeux d’argent aux sites dont les utilisateurs doivent avoir plus de 18 ans et prouver leur identité. Pourtant, « Machines à sous et casino » reste l’une de ses catégories les plus populaires et mises en avant.

Cette forte visibilité et les commentaires de streameurs charismatiques fiers de leurs gains colossaux peuvent facilement présenter aux ados les jeux d’argent sous un jour séduisant – au risque d’entraîner une dépendance, des pertes financières et des répercussions négatives sur leur santé mentale.

Contact avec des inconnus

Le manque de modération de Kick concerne aussi le chat intégré à ses diffusions en direct : contrairement à Twitch, ce service ne propose (heureusement !) pas de messagerie privée, mais des personnes mal intentionnées peuvent tout de même entrer en contact avec des mineurs via cet espace public, avant de basculer vers une application de messagerie tierce, souvent Discord.

Les prédateurs peuvent s’infiltrer dans certaines communautés, comme celles dédiées aux jeux vidéo, et gagner la confiance d’ados en prétendant avoir les mêmes centres d’intérêt qu’eux, avant de les attirer sur un serveur Discord privé, où les discussions sont confidentielles et exemptes de toute modération.

Dans ce chat, des inconnus peuvent également promettre aux ados un « abonnement-cadeau » ou de l’argent via des applications tierces telles que Discord ou CashApp en échange de photos intimes ou d’informations personnelles.

Bien que les moins de 18 ans ne soient pas censés diffuser de contenu en direct sans la présence d’un adulte, beaucoup le font quand même. Problème, les spectateurs peuvent utiliser le système de pourboires pour soudoyer les jeunes streameurs afin qu’ils accomplissent des actes précis, révèlent leur lieu de résidence ou se livrent à des activités dangereuses face caméra en échange d’un don.

Les recommandations de Qustodio

Après avoir testé et étudié la plateforme de streaming en direct Kick, nous estimons qu’elle ne convient pas aux moins de 18 ans. Son manque de modération et de surveillance, associé à la présence de contenu sur les jeux d’argent, lui permet certes de se démarquer de Twitch, sa rivale plus stricte, mais il en fait aussi un espace en ligne bien plus dangereux pour les jeunes.

Si votre enfant ou votre ado s’intéresse à un créateur Kick en particulier ou que son streameur préféré a décidé de rejoindre cette plateforme, nous vous recommandons de lui expliquer pourquoi elle ne lui convient pas et d’essayer de trouver une alternative ensemble.

Grâce à son équipe de modération et à ses règles plus strictes en matière de jeux d’argent, de discours haineux et de contenu réservé aux adultes, Twitch constitue un meilleur choix, mais YouTube Live reste l’option la plus sûre pour les ados qui souhaitent regarder ou diffuser du contenu en direct. 

Pour empêcher votre enfant d’accéder à Kick et à d’autres applications dangereuses, vous pouvez utiliser une solution de contrôle parental comme Qustodio. 

 Grâce à Qustodio, vous pouvez :

  •       bloquer l’application Kick sur les appareils de votre enfant ;
  •       bloquer kick.com dans les navigateurs de votre enfant ;
  •       suspendre Internet en un clic en cas d’urgence ;
  •       recevoir une alerte si on envoie un message inquiétant à votre enfant sur une application de messagerie ou un réseau social.

 

Aucune plateforme de streaming en direct n’est entièrement sûre. Toutefois, discuter avec votre enfant de manière régulière, vous familiariser avec ses centres d’intérêt sur Internet et vous aider d’outils de contrôle parental vous permettra de garantir sa sécurité pendant son exploration du monde virtuel.